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Saint-Remi

institut européen des itinéraires culturels

Michel Thomas-Penette

27 Octobre 2005

L’église de Koerich est parfaitement symbolique des conditions particulières dans lesquelles est né et s'est développé l'art baroque au Luxembourg.



  L'art baroque


L’histoire de l’art baroque, c’est d’abord une histoire qui débute dans l’incertitude de l’Eglise romaine devant les avancées de la Réforme. Le Pape Paul III Farnèse décide de réunir un concile des évêques et des théologiens fidèles à Rome et ouvre ainsi un débat qui durera de 1545 à 1563. "Pour les réformés, la terre est profane et le divin est concentré dans le ciel de façon abstraite. Le lien entre le sacré et le profane passe par la foi et la prédestination. Le sacré et le profane sont inconciliables. En revanche pour les catholiques, le profane n’est pas partout ; il demeure sur terre des lieux sacrés qui sont les églises et les chapelles, dans lesquelles une rencontre avec le divin reste possible. Ces édifices sont à comprendre comme l’expression, la concrétisation du divin dans la nature. L’art peut alors jouer le rôle d’intermédiaire qui dirige l’homme vers Dieu. L’Eglise affirme donc son destin temporel et éternel, son pouvoir politique et théologique." Denis Cerclet (Art religieux des vallées de Savoie).







Au Luxembourg, les décrets du concile publiés en 1565 ne s’appliqueront que par la volonté conjointe de l’Etat, représenté par le conseil provincial agissant sur ordre du gouvernement général des Pays-Bas espagnols et du représentant de l’Eglise, l’archevêque de Trèves, mais aussi avec l’aide du bras armé des Jésuites qui sont établis au Luxembourg en 1594 et qui vont créer l’Athénée en 1603.

Mais si les couvents de mission s’installent à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle à la suite des Jésuites, Ordres des Capucins, Franciscains, Dominicains et Bénédictins, les malheurs du Luxembourg, pris entre ses souverains successifs, espagnols, français puis autrichiens, rendent difficile les réformes des rites et des représentations.

Le règne des Habsbourg d’Autriche après 1714 sera enfin synonyme de richesse et d’influence stylistique romaine, le tout dans un contexte purement rural.

L’église de Koerich est parfaitement symbolique de ces conditions particulières.

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  Une volonté locale








Après les premiers efforts du curé Leveling dès 1727, il faudra attendre l’arrivée du curé Jean-Pierre Ningels, un protégé du baron d’Ansembourg, qui lance vraiment le travail après 1740. C’est un tailleur de pierres que l’on dit d’origine savoyard – ce qui ne serait bien entendu pas un hasard – Jean-Pierre Baraquin qui exécute un plan dont on ne connaît pas l’auteur. L’édifice est majestueux, se voit de loin et magnifie les expressions du baroque, à son échelle somme toute modeste par rapport aux grands édifices du temps, sans que l’on puisse toutefois l’inscrire dans une filiation régionale parfaitement attestée : église de la Trinité à Luxembourg ville ou Saint-Paulin de Trèves ?

Malgré les extensions contemporaines de la ville, l’église garde son caractère majestueux et se dégage, avec son cimetière attenant, de l’espace urbain. Mais elle vaut par le second et le troisième auteurs auxquels le curé Ningels fait appel : André Doyé, maître-sculpteur et Frédéric Biver, maître menuisier, tous deux installés sur place. Un maître-autel, deux autels latéraux, des bancs pour les chantres, un confessionnal, deux lutrins, des tabernacles, statues, bustes, anges, séraphins etc. Les recommandations du concile de Trente sont bien là : autour du tabernacle d’or les anges à genoux expriment leur adoration...et invoquent la foi, l’espérance et la charité…symbolisés par la croix, l’ancre et le cœur. Un mécanisme permet par ailleurs d’exprimer la théâtralité du symbole puisque les portes du tabernacle s’ouvrent automatiquement tandis que l’ostensoir s’avance avec l’ostie.


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  Une oeuvre achevée


Nous laisserons aux visiteurs le plaisir de découvrir les figures de saints, le mobilier et les confessionnaux, ainsi que les pièces plus anciennes et de comprendre le rôle du curé suivant, Ernest Karger qui introduisit la polychromie du mobilier ainsi que les peintures qui sont venues dialoguer avec les sculptures.

En 1791 au moment où la Révolution française atteint le Luxembourg l’église est surmontée depuis peu d’un toit à bulbe.

L’œuvre est donc achevée, moyennant des polychromies refaites régulièrement et des stucs sur des dessins de Sosthène Weis appliqués en 1909.

La restauration terminée en 1992 est remarquable.








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  Symbole et mémoire








Il s’agit là d’un symbole, d’un véritable lieu de mémoire qui raconte non seulement un épisode essentiel de l’histoire religieuse du Luxembourg, mais d’une expression stylistique pan-européenne qui, de la Savoie à la Franche-Comté et dans les territoires ruraux du Luxembourg trouve des expressions à la mesure des talents locaux.

Loin de Rome et dans la foi populaire, il n’en reste pas moins, pour reprendre les termes de Denis Cerclet, que "Le baroque est l’expression à la fois de la possible présence du surnaturel dans la nature, de l’unité retrouvée au-delà des différences et de la nécessaire action des hommes quant à leur salut."


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