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Marie-Thérèse Impératrice d’Autriche

institut européen des itinéraires culturels

Michel Thomas-Penette

21 Octobre 2006

Née le 13 mai 1717 à Vienne Marie-Thérèse, reine de Bohême et de Hongrie, impératrice d'Autriche, est la fille aînée de Charles VI. et d'Elisabeth Catherine de Brunswick.

  Des opinions contrastés



Si on veut connaître les différents aspects de son règne et de son œuvre, et compte tenu de l’importance géographique du territoire qu’elle a gouverné, il faut certainement comparer l’opinion que se font d'elle aujourd'hui les différents pays ade l’Europe dont elle a été impératrice.


En effet, tous les pays ou régions concernés n'ont pas, comme le Luxembourg, une image plutôt positive de la souveraine.

Au Grand-Duché, elle a représenté l’arrivée d’un moment de paix et de plus l’appartenance au royaume des Habsbourgs-Lorraine s’est prolongée par rapport aux mouvements d’indépendance de certains territoires voisins.

Dans la rubrique les Tchèques célèbres la radio nationale tchèque ne fait pas dans la nuance : «Pour les pays de la couronne de Bohême, faisant depuis 1526 partie de l'empire autrichien des Habsbourg, les 40 ans du règne de l'impératrice Marie-Thérèse, de 1740 à 1780, sont ceux d'un nouvel affermissement de l'absolutisme centralisé. Le catholicisme devient religion de l'Etat, et les pays tchèques se voient priver encore davantage de leur liberté aussi bien religieuse que nationale. Le royaume de Bohême est soumis à la contre-réformation qui continuera jusqu'en 1781. Les efforts visant à assurer la victoire complète de l'absolutisme habsbourgeois culminent à l'époque du règne de Marie- Thérèse et de son fils, Joseph II. Depuis 1749, Bohême et Moravie sont administrées à partir de Vienne, où l'on institua des bureaux centraux. Ainsi, les derniers restes de l'indépendance nationale tchèque furent éliminés. Simultanément, le pouvoir de Vienne intensifia ses tendances visant à germaniser les pays tchèques. »

On y ajoute cependant qu’en 1775, Marie-Thérèse déclare l'école obligatoire pour toute la monarchie des Habsbourg et qu’ainsi, l'allemand devient la seule langue officielle non seulement dans des bureaux administratifs, mais aussi dans des écoles, ce qui est jugé à la fois positif du point de vue de l’enseignement et très négatif du point de vue de la langue.





Marie-Thérèse




L’opinion d’un site consacré à l’histoire de la Wallonie, qui prend en compte Marie-Thérèse et son fils régnant n’est guère plus agréable, si on s’en tient à la volonté d’indépendance administrative, mais est plus réaliste en ce qui concerne les tolérances religieuses : «Le processus de centralisation administrative culmina sous les Habsbourg d'Autriche, en particulier sous les règnes de Marie-Thérèse (1740-1780) et de Joseph II (1780-1790). Adepte du despotisme éclairé, ce dernier, plus que n'importe lequel de ses prédécesseurs, n'hésita pas à bouleverser les institutions traditionnelles en vue de renforcer le noyau central de commandement au détriment d'autonomies provinciales encore bien réelles, notamment en matière de fiscalité. La "Révolution brabançonne" qui embrasa la quasi totalité des Pays-Bas d'octobre 1789 à décembre 1790 - seul le Luxembourg resta fidèle à la Maison d'Autriche - est à mettre directement en relation avec cette politique de centralisation poussée à l'extrême. Contemporaine de la Révolution française, la "Révolution brabançonne" s'écarta rapidement des idéaux de la première pour s'engager dans une voie conservatrice et cléricale privilégiant les structures sociales traditionnelles (Clergé, Noblesse, Corporations) et anéantissant l'essentiel des réformes de Joseph II, y compris l'édit de tolérance (1781) qui avait enfin effacé la plupart des discriminations touchant les protestants. La dissension entre les provinces en révolte favorisa la restauration autrichienne.»

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  L'Europe et les Habsbourg-Lorraine


De fait, c’est à partir du règne de Marie-Thérèse, mariée à François de Lorraine en 1736, que la maison de Habsbourg devient la maison de Habsbourg-Lorraine.

Couronnée en 1740 reine de Bohême et de Hongrie, elle ceint, en 1745, la couronne d'impératrice d'Autriche. Son père, l'empereur Charles VI, n'ayant pas eu de fils, lui assura sa succession par un acte resté célèbre, la «pragmatique sanction» qui fait d’elle un Empereur avant qu’une Impératrice, mais tous les Etats qui avaient accepté celle-ci, contestèrent son pouvoir à la mort de l'empereur, ce qui donna lieu à la guerre de Succession d'Autriche.

Sous son règne a eu lieu également la guerre de Sept Ans. Ne pouvant accepter la perte de la Silésie, conquise par Frédéric II de Prusse, Marie-Thérèse procéda à un renversement des alliances avec la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, pour entreprendre cette longue Guerre. Le traité de Hubertsbourg consacra cependant la suprématie prussienne en Allemagne du Nord et la victoire de Frédéric II en Silésie. Celle-ci fut en partie compensée lors du premier partage de la Pologne, auquel l'impératrice, poussée par son fils Joseph II, ne se résolut qu'à contre cœur. L'Autriche y acquit cependant la Galicie orientale et la Petite Pologne, moins Cracovie.

Tout au long de son règne, Marie-Thérèse n'avait cessé de travailler à l'unité de ses Etats. Dans cet esprit, elle s'employa à effacer les particularismes locaux, en opposant aux diètes un Conseil d'Etat, tout en sachant d'accorder à la Hongrie un compromis, en 1741. Certains Etats furent colonisés par l'implantation de paysans allemands ou saxons. La législation fut unifiée par l'institution d'un code pénal, et la formation de militaires et de fonctionnaires dévoués à la cause publique, assurée par la fondation de l'académie militaire de Wiener-Neustadt et du Theresianum.

Parallèlement, Marie-Thérèse lutta contre les pouvoirs de l'Eglise, bien qu'elle eût imposée le catholicisme comme religion d'Etat. Elle prit plusieurs mesures telles la dissolution de la Compagnie de Jésus, en 1773.




Marie-Thérèse


Joseph II


A la mort de son mari, en 1765, elle avait fait couronner empereur son fils Joseph II, avec lequel elle ne partagea le pouvoir qu'en politique extérieure. Joseph II, appelé "souverain éclairé", abolit le servage personnel, en 1781.

Son "Edit de tolérance" affranchissant les sujets de leur dépendance personnelle de la seigneurie, leur donnait le droit de déménager librement, de quitter le domaine pour un autre, et il ouvrait aux enfants des anciens sujets l'accès aux écoles.

Cet "Edit de tolérance" fut également appliqué aux Juifs.

Parmi ses seize enfants, on peut citer encore Léopold II, Marie-Antoinette, reine de France, ou Marie-Caroline, reine de Naples.

Sous son règne, le Baroque qui, depuis la défaite des forces réformatrices en Bohême a pris une signification politico-religieuse, évolue vers le rococo. Au siège des rois de Bohême, le Château de Prague, Marie-Thérèse ouvre une ère nouvelle, en entamant une grande rénovation administrative et en décidant de transformer le Château en une résidence moderne: cette modernisation modifiera radicalement son aspect. Marie-Thérèse fait venir l'architecte Pacassi qui édifie les bâtiments de la première cour et transforme ceux, entourant la deuxième, et ceux du côté sud de la troisième cour en un édifice de trois étages de style rococo viennois, donnant ainsi une uniformité à l'ensemble. On les appelle des bâtiments thérésiens, tout comme on parle de bâtiments ou de fermes de style Marie-Thérèse au Grand-Duché de Luxembourg et dans certaines parties de la Grande Région.

Les membres de l'actuelle Maison de Habsbourg-Lorraine, dite Maison d'Autriche, descendent tous de Marie-Thérèse par ses enfants suivants : Léopold II, Ferdinand duc de Modène, Marie-Amélie princesse de Parme et Marie-Caroline reine de Naples. Les membres des maisons souveraines de Bourbons d'Espagne, des Deux-Siciles, de Parme, Savoie, Luxembourg, Liechtenstein, Saxe et Bragance, par le biais des mariages consanguins ont tous Marie-Thérèse dans leurs ancêtres directs. Il en est de même pour la maison ducale de Hohenberg et les comtes de Méran branches morganatiques des Habsbourg-Lorraine. Les descendants de Marie-Thérèse se retrouvent également parmi les membres de l'aristocratie européenne.


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