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Jacques Callot (1592-1635)

institut européen des itinéraires culturels

Caroline Hamajda

11 Juillet 2007

Géni hardi et fantasque, le maître Callot travaille en Italie et en Lorraine. Grand maître de l'eau-forte, il a eu une grande influence sur les graveurs du XVIIe siècle.

  L’enfance du graveur


Portrait de Jacques Callot


Les Bohémiens


Il existe de nombreux récits romanesques sur l’enfance du graveur nancéen.

Selon l’historien Félibien, le jeune Jacques, à peine âgé de douze ans, se serait sauvé de la maison familiale pour suivre une troupe de bohémiens jusqu’en Italie. A Rome, il est reconnu par des marchands lorrains qui le ramènent à Nancy.

Avec les fameuses planches des Bohémiens, Callot se souvient de son long périple vers la péninsule italienne.



A quatorze ans, Callot fait une nouvelle fugue. A Milan, il est retrouvé par son frère aîné qui le reconduit en Lorraine.

A l’âge de seize ans, son père, Jean Callot, héraut d’armes à la cour du duc de Lorraine, l’autorise à apprendre les techniques du métier de graveur en Italie.

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  La formation à Rome


Callot, une fois arrivé à Rome, entre à l’atelier du graveur champenois, Thomassin.

Il apprend à graver au burin en copiant les œuvres d’autres artistes. Ainsi est gravée la suite des « Mois » (de l’année) dans laquelle il trouve des thèmes et des motifs qu’il reprendra plus tard dans ses œuvres : le thème de la Commedia dell’Arte, le principe de la grande figure de premier plan donnant sa profondeur au dessin…



Les Mesureurs de grains est la première œuvre authentique de Callot. Bien que démontrant une certaine adresse, le travail réalisé ne dénote aucune originalité, aucune indépendance vis-à-vis de la tradition «maniériste».



Les mesureurs de grains


I balli di Sfessania


C’est en faisant la connaissance de Tempesta, peintre et graveur florentin très admiré à Rome et spécialisé dans les scènes de bataille ou de chasse et dans les représentations d’animaux, que Callot découvre l’eau-forte.


Le principe de l’eau-forte consiste à étaler sur une plaque de cuivre une couche de vernis. Lorsque le vernis est sec, le graveur trace le dessin avec une pointe, puis verse l’eau-forte pour attaquer les parties dégagées.


Il fait ses premiers essais dans cette technique à l’occasion de la « pompe funèbre de la reine d’Espagne, œuvre de commande à laquelle Tempesta le fait participer.

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  Le séjour à Florence


Callot se rend à la cour de Florence en 1612, où les Médicis déploient une magnificence extraordinaire.

Christine de Lorraine, régente, aime s’entourer d’une cour importante de décorateurs, d’architectes, de peintres, d’orfèvres et de savants, dont le fameux Galillée.


Agréé au Palais des Offices, Callot y rencontre l’ingénieur-architecte-graveur Parigi. Ce dernier est alors chargé d’organiser les fêtes somptueuses de la cour florentine en décorant les édifices, dessinant des costumes, dressant des théâtres…


Parigi invite le jeune Jacques à participer à ces différents travaux de cour; le graveur fixe le faste et l’animation de ces fêtes avec l’eau-forte. Sous la coupe de son maître florentin, Callot apprend à maîtriser la technique de l’eau-forte, à camper les délicates petites figures maniérées, ainsi qu’à faire évoluer des foules sur de toutes petites surfaces. De plus, le maître encourage son élève à chercher son style qui lui est propre et à dessiner d’après nature.



I Gobbi


La foire d'Impruneta


C’est à cette époque que Callot passe d’un art officiel et aristocratique à la vivante représentation de spectacles populaires appréciés tant par le peuple que par la Cour florentine. Ainsi apparaissent les comédiens de la Commedia dell Arte dans les planches de Callot. Dans les Balli di Sfessania, Callot rend à merveille la spontanéité de ce spectacle.


L’étude d’un autre genre d’acteur, les Gobbi, nains musiciens dont la troupe vient régulièrement à Florence, lui permet d’exprimer son goût de l’étrange et du fantastique.


Mais le graveur immortalise également la vie rustique. Par une série de croquis rapides, il prépare la grande œuvre de la période florentine: La foire d’Impruneta, petite bourgade des environs de Florence. Une foule de personnages y est représentée, dans les occupations les plus variées.


En 1621 survient la mort du Grand Duc Cosme II. La cour de Florence réduit ses dépenses somptuaires et Callot rentre à Nancy.

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  De retour à Nancy


Bien plus tard, Jacques Callot immortalise son retour dans la capitale lorraine en gravant Le retour du fils prodigue; cette assimilation est déduite de l’inscription des armes de la famille au fronton de la maison représentée dans l’œuvre.

Moins fastueuse que celle de Florence, la Cour de Nancy montre peu d’empressement à employer Callot. Ses quelques commandes sont le fait, pour la plupart, d’ordres ecclésiastiques ou d’hommes d’église.

Ce n’est qu’avec l’avènement du duc Charles IV, nouveau souverain lorrain, que la carrière lorraine de Jacques Callot prend son essor. En 1627, le graveur collabore avec Claude Deruet, premier peintre officiel de la Cour de Lorraine, au dessin des machines et à la mise en scène d’un combat à la barrière donné en l’honneur de la venue de la Duchesse de Chevreuse. Il fait à cette occasion neuf gravures.

En complément de ce travail de commande, Jacques Callot continue à créer de manière personnelle. Des scènes beaucoup plus familières, représentation de la vie, du mouvement et de l’humain, prennent vie sous les doigts du génie.




Le retour du fils prodigue


Le mendiant aux béquilles



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  Les voyages aux Pays-Bas et en France


En 1627, Jacques Callot séjourne aux Pays-Bas, où l’Infante Isabelle le charge de graver le siège de Breda, ville que l’Espagne a prise au Prince d’Orange en 1625. Il exécute la commande en mettant au premier plan le Général-Marquis de Spinola et le carrosse de l’Infante, mais également de nombreuses scènes inattendues: soldats jouant aux dés, rapines, pillages… La précision dans le détail, le besoin de réalisme font de cette gravure une sorte de « reportage ».

Après cette commande, la réputation du graveur nancéen est telle que le roi de France Louis XIII lui demande de graver les sièges de Saint-Martin-de-Ré et de La Rochelle.

Trois voyages en France sont nécessaires à l’artiste pour exécuter es œuvres; œuvres pour lesquelles il sera moins inspiré que pour le Siège de Breda.




Le siège de Breda



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  Callot dans la Guerre de Trente Ans


La Lorraine est alors dans une situation tragique: dès 1630, avant les horreurs des combats, les duchés sont ravagés par une épidémie de peste qui dépeuple la Lorraine. Les pillages et les massacres commis par les troupes françaises ou suédoises viennent s’ajouter à ces malheurs.

En effet le duc, Charles IV, a maladroitement intrigué avec le Saint-Empire, ennemi du royaume de France, ce qui fournit au ministre français, le Cardinal de Richelieu, le prétexte d’une première intervention française en Lorraine. Après avoir envahi les duchés lorrains, le roi Louis XIII met le siège devant Nancy en 1633.

Un climat dramatique qui inspire à Jacques Callot les planches des Misères de la guerre: épidémie de peste, pillages des mercenaires, révoltes de paysans contre les soldats, représailles, pendaisons ordonnées par les officiers pour maintenir l’ordre dans leurs troupes.



La révolte des paysans




Dans les dernières années de sa vie, Jacques Callot délaisse les tueries et faits de guerre pour se consacrer à la nature.

Pendant cette période, il réalise de remarquables études de paysage, qui valent celle de Claude Le Lorrain. Ses dessins et lavis sont d’une grande hardiesse. Il traduit les jeux d’ombre et de lumière par des tâches et des traits de pinceau qui rompent la blancheur de l’espace.

Quand il meurt en 1635, à peine âgé de quarante-trois ans, il laisse 1400 gravures et plus de 2000 dessins.

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